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Vidéo - Dominique Wolton : « la surpression des media est le problème central »

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Les évènements dramatiques de ces derniers jours ont entraîné un emballement médiatique et des fuites dans la presse relayées par les réseaux sociaux. Dans cette chasse au scoop, les compagnies aériennes, les enquêteurs, les politiques semblent contraints de communiquer au plus vite. Un exercice difficile dans cet univers de plus en plus surmédiatisé. Alors, comment gère-t-on au mieux une communication de crise ? Dominique Wolton, directeur de recherches au CNRS et spécialiste de la communication nous livre son analyse.

Dominique Wolton, Directeur de recherche au CNRS – Spécialiste de la communication : « Que peut faire un acteur en cas de crise dans un univers surmédiatisé où les rumeurs et les informations vont extrêmement vite, c’est ça la question de fond pour l’avenir. Le crash a lieu le 24, immédiatement les médias sont là, et la justice parce qu’il y a beaucoup de victimes, et la politique parce qu’on craint un attentat. Et assez vite, il y a une fuite dans le New York Times qui dit ce n’est peut-être pas un attentat, qu’il y a peut-être une explication : ce serait un suicide.

Là, pour la compagnie c’est encore plus compliqué à gérer, d’où probablement son silence, parce qu’un suicide est inexplicable dans une logique de compagnie aérienne sérieuse comme Lufthansa, avec des pilotes chevronnés.

C’est ce couple entre la tentation du silence pour les acteurs, qui savent très bien que cela va se répercuter à toute vitesse de manière non contrôlable, par rapport à une surpression des médias qui est le problème central.

Il est clair que la première des choses à faire pour un acteur politique, judiciaire, policier ou économique, c’est de ne jamais se précipiter pour communiquer, même s’il y a la pression des médias. La vérité, met des mois, parfois des années à apparaître. Donc c’est respecter l’opinion publique, contrairement à ce que l’on pense, que de ne pas se précipiter dans une surenchère de justifications et d’explications de rumeurs.

En communication de crise, il n’y a aucune ficelle. C’est la tragédie de l’événement, et l’évènement l’emporte et balaye tout. C’est un tsunami, la crise. Mais le problème c’est qu’autrefois il n’y avait que le politique pour réagir ou un acteur économique ou de santé publique. Là c’est d’abord les médias.

Le drame aujourd’hui c’est la vitesse de circulation de l’information et des rumeurs, qui sont énormes sur les réseaux qui finalement deviennent presque la source d’information des chaines d’information. Des chaînes qui en tout cas vont au rythme des réseaux et qui vont très vite parce qu’elles sont en concurrence, et qui du coup imposent une vitesse excessive aux médias classiques.

Le monde entier ne peut pas vivre à la vitesse des tweets, des réseaux sociaux, des chaines d’information et de la concurrence des médias entre eux. Et si les journalistes ne sont pas les premiers à ralentir, ils en seront les premières victimes. »

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