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Le coavionnage en France sur la sellette

Publié le 21/09/2015 01:00 - Par aeronewstv.com

Le coavionnage, c’est la nouvelle économie de partage qui met en relation pilotes privés et passagers afin de partager le coût de l’heure de vol. En quelques clics sur internet, c’est réservé. Pourtant, certains jugent en France cette pratique illégale. Pour l’Union syndicale du personnel navigant technique considère par exemple que ces sites contournent la réglementation, elle souhaite leur fermeture. Car il s’agit ici de transport aérien et non de baptêmes ou de vols privés entre amis ou en famille. Dans le cas de transport payant de passagers, la réglementation à appliquer est celle du transport public qui est soumis à des règles bien plus contraignantes, notamment en matière de sécurité.

Maxime Coffin, Responsable Aviation générale – DGAC : « On va être plus exigeant avec le pilote, on va lui demander d’être pilote professionnel, avec plus de compétences, avec plus d’expériences, avec une meilleure aptitude médicale et on va également avoir des contraintes plus fortes sur l’entreprise, sur l’organisation, sur les procédures de vols, sur l’aéronef lui même, sur la manière dont il est entretenu. »

Ce niveau d’exigence protège ainsi passagers et pilotes car un avion n’est pas une voiture. Et en cas d’accident, la question de la responsabilité se pose comme nous l’explique Maxime Coffin, « l’entreprise qui organise le vol, elle-même, peut être tenue pour responsable puisqu’elle aura pris une part dans l’organisation du vol, un part de responsabilité. Après, c’est aux juges de trancher, ce qu’il va reprocher au pilote commandant de bord, à l’organisateur, éventuellement même, à la personne qui les aura mise en relation. »

Le pilote risque des sanctions disciplinaires comme le retrait de sa licence et des amendes. Mieux vaut donc être vigilant avant de tenter l’expérience. L'an passé, l’aviation civile américaine (FAA) a interdit les sites de coavionnage, jugeant que cela s'apparentait à une prestation commerciale. Pour l’instant en France, aucune décision n’a été prise. La direction générale de l’aviation civile (DGAC) va mettre en place un groupe de travail sur cette question. Conclusions attendues d’ici la fin de l’année.

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