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Première guerre mondiale : René Fonck, l’as méconnu

Publié le 04/08/2014 08:30 - Par aeronewstv.com

Ce sujet fait partie d’une web-série réalisée par la rédaction d’aeronewstv  sur « Les hommes et les avions de la première guerre mondiale ». Cette web-série a été diffusée du 4 au 22 août 2014 pour le centenaire de la Grande Guerre qui a fait dix millions de victimes en quatre ans et qui a vu le développement de l'aviation militaire. Retrouvez cette web-série sur notre site en cliquant sur le Tag ci-contre 1ère guerre mondiale.   

Au tableau des victoires, le Français René Fonck figure juste derrière Manfred von Richthofen, avec 75 victoires à son actif. Un as resté pourtant méconnu. En 1914, il avait 20 ans.

Bernard Palmieri, Co-auteur de "René Fonck, L’As, L’Homme" : Le lieutenant Fonck était un pilote très adroit, d’un grand courage de toute manière, et, il faut savoir aussi qu’il était très proche de son mécanicien et de ses armuriers. De ce fait, il améliorait techniquement son appareil en permanence, il vérifiait la totalité de son armement et de ses munitions.

René Fonck  possédait physiquement une vue qui était exceptionnelle. Il voyait les ennemis bien avant que les ennemis ne le voient en l’air. Ensuite, sa petite taille lui permettait de supporter bien plus facilement les accélérations, ce qu’on appelle les facteurs de charge.

Ensuite, il faut noter qu’il a mis au point une véritable science du combat aérien. Dans la mesure où il appliquait des principes. Dans un premier temps il ne faut pas être repéré par l’ennemi quand on l’approche. Ensuite, il faut faire en sorte de le surprendre. Il faut tirer un minimum de cartouches sur les œuvres vives de l’avion, essentiellement le pilote ou le moteur, de telle manière à l’abattre à coup sûr.

Pour établir une comparaison avec d’autres pilotes de chasse, tel Charles Nungesser qui est aussi un ami de Fonck, on peut dire que Charles Nungesser, c’est la fougue au combat. C’est un homme qui va être blessé un grand nombre de fois. Fonck, ce n’est pas du tout le cas. Fonck évalue les dispositifs ennemis qui lui sont opposés. Il va choisir dans la totalité des avions qui sont devant lui, les plus faibles, les plus exposés. Il va les prendre par surprise, les abattre. Et s’il juge que le reste du dispositif risque de l’exposer de manière trop importante, il va abandonner le combat et rentrer à sa base.

Les avions, qu’il abattait, ne le voyait pratiquement pas venir. Et lorsque les ailiers de l’avion abattu s’en rendaient compte, Fonck avait déjà disparu. Le lieutenant Fonck n’a jamais été abattu et son appareil n’a jamais été touché au combat.

Le lieutenant Fonck à l’armistice de 1918 est l’as des as de l’aviation alliée. Il est très connu. Il est même le porte-drapeau du défilé de la victoire en 1919. On peut s’étonner que René Fonck n’ait pas la notoriété de Georges Guynemer. C’est dû au fait que le capitaine Guynemer mort au combat en 1917 a très rapidement été choisi par l’Aéronautique militaire et par l’Armée de l’air, comme son héros, donc un héros national.

René Fonck est resté tout au long de sa vie un homme discret qui ne cherchait pas les honneurs. Il est mort en 1953 d’un accident vasculaire cérébral à l’âge de 59 ans.

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