Alors que Boeing va réduire la cadence de production de son 747-8, Airbus étudie également cette possibilité pour son A380. On est en droit de se demander si l’avenir des gros porteurs est assuré.
Pour s’adapter à la baisse de la demande mondiale, l’avionneur américain va en effet limiter sa production de 747-8 à 18 par an jusqu’en 2015, c’est trois exemplaires de moins que ce que s’était fixé le constructeur en avril dernier.
Car pour l’heure, le 747-8 a été commandé à 107 exemplaires par onze compagnies clientes et plus de la moitié (56 en tout) a déjà été livrée. Pour éviter l’arrêt complet de sa chaîne d’assemblage, Boeing préfère donc ralentir le rythme en attendant que le marché des très gros porteurs reprenne.
Airbus, n’a de son côté, pas encore pris de décision sur une éventuelle modification de la cadence de production de son A380 mais ne l’exclut pas, car la situation est similaire. Depuis le début de l’année, son super jumbo n’a enregistré aucune commande ferme et déplore même trois annulations. L'avionneur européen qui totalise à ce jour 259 A380 commandés en a livré 111. À raison de 30 unités produites par an, Airbus aurait donc en théorie 5 ans devant lui, en théorie seulement, comme nous l’explique ce spécialiste aéronautique du cabinet de conseils en management Kurt Salmon.
Philippe Moine, expert pour le cabinet de conseils en management Kurt Salmon : interview dans le reportage.
Boeing et Airbus ne devraient cependant pas être obligés de ralentir la cadence trop longtemps. Selon leurs prévisions, la demande mondiale en gros porteurs sur les 20 prochaines années devrait être : dans la fourchette haute, de plus de 1 700 appareils et de près de 800 dans la fourchette basse.
Reste maintenant à voir si ces prévisions se vérifient, car avec un niveau élevé du coût du carburant, toujours plus cher, de nombreuses compagnies ont désormais tendance à privilégier les biréacteurs aux quadriréacteurs. Quitte à faire des concessions sur leur nombre de sièges à bord.